Essai de définition du bien commun

PM 301 c1 42x60 logo Le bien commun se réalise concrètement à travers biens collectifs et bien communs. Innombrables et divers, les biens communs vont des plus matériels (voirie, eau potable,…) aux plus immatériels (la confiance, les savoirs) (Présence Mariste n°301, octobre 2019)

F MOREL Michel
F MOREL Michel

« Le bien commun » est une notion floue. La préparation de cet article m’en a convaincu. La réflexion qui suit n’a donc pas la prétention de donner des définitions exhaustives mais seulement d’apporter quelques éléments de réponse.

Le bien commun

Au niveau juridique, fait partie du « bien commun » toute chose qui n’appartient à personne, mais dont chacun a un intérêt et donc un devoir de protéger ; l’air, l’éducation, la santé, sont des exemples.

Une définition, de type philosophique, est celle donnée par le pape Jean XXIII et complétée ensuite par le concile Vatican II : « Le bien commun, c’est l’ensemble des conditions sociales qui permettent tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée » (Gaudium et Spes n° 26). Définition qui en rejoint une autre : « Le bien commun est l’ensemble de ce qui soutient la coexistence et par conséquent l’être même des personnes. » Le bien commun vise ainsi l’épanouissement intégral des personnes et des groupes qui constituent la société.

A l’école
l’enseignant délivre sa culture et ses connaissances pour les faire partager.
Les biens communs

Le bien commun se réalise concrètement à travers biens collectifs et bien communs. Innombrables et divers, les biens communs vont des plus matériels (voirie, eau potable,…) aux plus immatériels (la confiance, les savoirs) en passant par tous les intermédiaires : institutions, éducation, formes de sociabilité (notamment intergénérationnelles), santé, internet, savoir-faire, arts et autres biens culturels…

La Paix :
un bien commun à toutes sortes de niveaux : la cour de récréation, la rue, la famille …

En économie, un bien commun est un bien non excluable (ou non excluable) et rival. L’exemple type est celui des bancs de poissons : tout le monde peut pêcher des poissons dans la mer (ils n’appartiennent à personne et sont librement accessibles… moyennant cependant quelque équipement !). Par contre, le poisson que pêche un pêcheur n’est plus disponible pour un autre pêcheur.

La Loi :
sans elle, le bien commun et les droits de l’Homme ne peuvent exister.

Le résumé de réflexions de Jean GADRET, sur la notion de "biens communs" peut aussi nous aider à mieux saisir ce dont il s’agit :

  • « les biens communs désignent des qualités de ressources ou patrimoines collectifs jugés fondamentaux, aujourd’hui et pour le futur (biens communs naturels, cultures populaires, connaissances…),
  • l’appellation de biens communs contient à la fois l’exigence d’intérêt commun, d’accessibilité pour tous, et l’idée que la gestion des biens communs est "commune",
Sur la route :
la nécessité d’un code de conduite commun…
  • avec les biens communs comme qualité d’ordre collectif, on n’est plus dans une économie traditionnelle de « production », mais dans une économe du « prendre soin », y compris comme condition de la production de biens privés : PRENDRE SOIN des personnes et du travail, du lien social et des droits universels ; des choses et des objets ; de la nature, de la démocratie (qui est peut-être le premier des biens communs, ou le plus transversal) ».

La notion de BIEN COMMUN : un enjeu dès aujourd’hui.
Elle fait l’objet de travaux universitaires ; un seul exemple : la création d’une chaire du Bien commun à l’Institut Catholique de Paris (ICP) en 2016 (1)

F. Michel MOREL

(1) Depuis sa création, deux colloques ont été organisés :
les 17-18 novembre 2016 et les 5 et 6 avril 2018 dont on peut retrouver les actes sur le site de l’CIP.

(Publié dans « Présence Mariste » n°301, octobre 2019)