En Communauté à l’Hermitage…

María Élida, mexicaine, a fait partie du premier groupe de laïcs maristes à l’Hermitage. (Présence Mariste, n°272, juillet 2012)

María Élida Quiñones Pena, mexicaine, a fait partie du premier groupe de laïcs maristes pour vivre l’expérience communautaire à l’Hermitage. Elle témoigne de ce qu’elle a vécu. Mère de 5 enfants et grand’mère de 8 petits enfants, elle connaît les Frères Maristes depuis 1972 à travers les écoles que fréquentaient ses enfants. Elle a assuré divers services dans les maisons de la Province de Mexique Occidental et suivi un cours sur la spiritualité mariste, en 2004, avec le Frère Aureliano Brambila.

Comme Marie Elida, savoir apprécier ce que la nature nous offre

Un jour, j’ai dit à un Frère : « Je veux être Frère, vivre avec les Frères et partager leur vie ». Celui-ci m’a répondu que ce n’était pas possible. Aussi, lorsque j’ai entendu parler du projet du Conseil général concernant la « nouvelle » communauté de l’Hermitage, j’ai dit que j’étais intéressée ; mais on m’a répondu que les personnes étaient déjà choisies. Suite à un désistement, j’ai été invitée à participer à une semaine préparatoire à Rome. Je n’arrivais vraiment pas à le croire et je me demandais souvent : « Pourquoi moi ?, ou qu’ai-je à faire ici ? »

Réponse à un appel
 

J’ai répondu positivement à cette invitation et je l’ai accueillie comme un vrai cadeau de Dieu. Elle me confirmait que le Seigneur répondait à mon désir antérieur. Ma seule vraie difficulté a été la langue. C’est très dur à 60 ans, de commencer à apprendre une nouvelle langue après bien des années passées loin des salles de classe. J’ai connu quelques moments de larmes à cause de la grande frustration de ne pouvoir communiquer, de sentir que je ne progressais pas. Je m’adressais à Marcellin : « Toi qui as bien connu ce qu’est souffrir pour étudier, tends-moi la main. Viens à mon aide ! » Je suis très reconnaissante aux Frères de m’avoir vraiment soutenue, de diverses façons, pendant cette période d’apprentissage.

Une communauté mixte
 

Vivre comme laïque dans une communauté composée surtout de Frères, n’a pas été trop difficile. Les Frères étaient très délicats, malgré quelques petites frictions, vite dépassées grâce à la bonne volonté de chacun. Ce qui m’a le plus aidée, c’est le désir de tous d’entretenir de très bonnes relations interpersonnelles. J’ai aussi beaucoup apprécié les sessions et ateliers dirigés par des experts ; les promenades et visites ; l’exemple de simplicité, la bonté, l’amour du travail de la part de chacun. Je suis reconnaissante envers Dieu et l’Institut d’avoir vécu cette expérience. Elle témoigne de l’immense amour de Dieu pour moi. J’ai appris à aimer Marie et à la connaître d’une autre manière. J’ai expérimenté au centuple : travailler, vivre, sans la préoccupation quotidienne de tout ce qui est matériel. J’ai pu me consacrer totalement au travail demandé. Je me savais soutenue et acceptée. De plus, vivre à l’Hermitage, le grand reliquaire du Père Champagnat, m’a permis de me souvenir, de bien des manières, de son esprit et de celui des premiers Frères.

Vie en communauté où chacun s'efforce de donner le meilleur de lui-même

Un regard nouveau
 

Cette expérience a vraiment changé ma manière de vivre. Depuis toujours, j’ai aimé prévoir, être attentive au plus petit détail, mais avec une légère angoisse d’échouer. À présent, je continue à faire les choses au mieux, mais mon attention est centrée sur le service : que toutes les personnes que je sers à la cafétéria de l’Université et lors des événements de la Province se sentent accueillies, valorisées comme dans une famille, et selon ce qui se vit dans toutes les maisons Maristes que j’ai visitées. De retour au Mexique, je dois dire que « ma communauté » me manque beaucoup ! Je ne voudrais pas que cette expérience soit seulement quelque chose d’intéressant et de beau dans mon histoire. Bien sûr, ce qui se vit à l’Hermitage est une réalité assez unique dans l’Institut. Mais, j’espère et prie Dieu pour que cette expérience soit aussi vécue ici, au Mexique, et en d’autres parties du monde, de quelque façon. Il a été démontré qu’elle est possible et très riche. Il nous reste maintenant à la vivre et à l’enrichir en d’autres lieux.

María Élida QUIÑONES

(Publié dans « Présence Mariste » n°272, juillet 2012)