Projet Hermitage : où en est le chantier ?

Faire cohabiter structures nouvelles et bâtiment ancien

Il y a un an, en mars 2008, commençait le chantier de rénovation de la maison de Notre Dame de l’Hermitage. C’est le 8e article que Présence Mariste consacre à ce sujet. Du point de vue du calendrier, on est en principe à mi-parcours pour les travaux. Occasion pour faire le point avec l’architecte en chef, M. Joan Puig Pey.

Joan, est-ce que le chantier avance comme prévu ?
Globalement oui. Même si on a déjà utilisé une bonne partie du temps prévu pour les aléas de parcours. Le climat de ces mois d’hiver, avec la pluie, le gel, la neige, n’a pas permis par exemple d’avancer aussi vite que prévu, pour le bâtiment neuf, rive gauche du Gier.

Y a-t-il eu de grosses surprises ?
Pas vraiment, même si au fur et à mesure on découvre de petits problèmes qu’il faut résoudre. On a cependant un gros souci pour le creusement de la cage d’ascenseur, dans le bâtiment historique, côté rocher. Le marteau-piqueur se révélant peu adapté pour attaquer la roche disposée en strates horizontales et finalement plus dure que prévue. Il faut trouver des solutions techniques pour avancer.

Cour intérieure
Du côté des éléments en bois de la construction (poutres, solives) ; dans l’ensemble, c’est en bon état, mais il faut cependant traiter et renforcer certaines parties.

Est-ce un chantier intéressant pour des architectes ?
Tout à fait. C’est en effet, un chantier très complexe ; il faut tenir compte de nombreux paramètres. Ne pas oublier que c’est un bâtiment du début du 19e siècle (1824, précisément) à la structure très simple, construit avec des matériaux assez pauvres.
Il s’agit d’y ajouter tout ce qui est nécessaire pour installer l’eau, l’électricité, le chauffage, les évacuations, et toutes les connexions pour les communications en interne et avec l’extérieur. Et faire en sorte que ce soit fonctionnel et esthétique !

Le trou de la future cage de l'ascenseur (dans le rocher)

Ce sont aussi tous les problèmes liés aux normes actuelles de sécurité, en général, et à l’accueil de personnes ayant un handicap : rampes, ascenseurs, équipements sanitaires, largeur des couloirs, etc.
Enfin, il faut sauvegarder d’un point de vue architectural une harmonie entre les deux bâtiments anciens de la rive droite avec le nouvel ensemble de la rive gauche, entièrement neuf.

Joan, vous êtes catalan.
Vous avez dû vous associer à un cabinet d’architectes de Lyon (MM. Stéphane Roulleau et Yves Poncet). Comment se passe cette collaboration ?

Cette collaboration était absolument nécessaire pour pouvoir mener à bien un tel chantier ; et pour moi, dans un pays étranger ; pour la connaissance qu’ils ont des normes particulières à la France et pour des compétences complémentaires. Je suis très satisfait de cette collaboration avec mes deux confrères architectes ainsi qu’avec les diverses équipes techniques. C’est une chance pour moi, non seulement au plan professionnel mais également humain.

Le bâtiment du « Rocher » fait peau neuve

Joan, depuis plusieurs mois, vous devez venir pratiquement chaque semaine de Barcelone à Lyon et à l’Hermitage. Comment vivez-vous personnellement la responsabilité d’un tel chantier ?
C’est un chantier qui demande le meilleur de moi-même ; au niveau des compétences mais aussi du temps à consacrer. Je savais que ce chantier demanderait beaucoup.
Mais ce qui me permet de garder dans tout cela un équilibre, personnel et familial, c’est de pouvoir être accueilli dans la communauté des Frères, soit à Lyon, soit à la maison des sources, à l’Hermitage, lors de mes séjours en France.

Propos recueillis par Frère Michel MOREL
(paru dans Présence Mariste, N° 259, avril 2009)