Pérou : La globalisation et les Frères Maristes au Pérou

Actuellement, dans le secteur du Pérou, les Frères gèrent dix œuvres éducatives parmi lesquelles une appartient à l’Etat. (« Présence Mariste » n°235, avril 2003)

Au Pérou, les opinions et les réflexions concernant la globalisation sont à peu près les mêmes que celles qu’on voit apparaître au niveau international, concernant les « pays sous-développés » ou « en voie de développement ». Sur ce sujet, les idées exprimées, non seulement, sont parfois divergentes mais même complètement opposées.

Globalisation positive …

Pour les uns, il faut considérer la globalisation comme un phénomène hautement positif, pour les autres c’est tout le contraire. Mais ce qui est positif ce sont les immenses possibilités qui s’ouvrent pour la connaissance, l’information, les relations et les échanges, la solidarité, la prise de conscience de l’égalité fondamentale et basique de tous les êtres humains.

Globalisation négative …

Parmi les aspects négatifs, on peut souligner, la forte connotation matérialiste, sans autres lois que celles qui découlent de l’économie et du libéralisme débridé, ou le fait que peu à peu, on impose à l’homme, habitant de la terre, une seule façon d’être faisant ainsi disparaître des cultures et des identités différentes mais légitimes et tout cela entraîne un appauvrissement de l’être humain en général.

Restructuration mariste

A ce sujet, il faut aussi considérer le processus de restructuration de diverses Provinces Maristes, spécialement celles de Bolivie, du Chili et du Pérou, à l’intérieur duquel intervient l’aspect « international ».
Dans notre cas, Bolivie, Chili, Pérou, le fait d’avoir obtenu le principe de constituer une seule unité administrative Mariste avec les composantes de ces trois pays, revêt une grande valeur, peut-être prophétique ! La raison en est que politiquement et même socialement, ces trois pays ont entre eux de graves conflits et problèmes à régler, particulièrement le Pérou et le Chili d’un côté et de l’autre le Chili et la Bolivie. Cela provient de la guerre qui les opposa dans le dernier quart du XIXe siècle. Les accords signés à la fin des hostilités ont laissé, jusqu’à ce jour, aussi bien les Boliviens que les Péruviens très insatisfaits.
Dans ce contexte socio-politique, la décision des Frères de vivre la fraternité et la communion n’est-elle pas réellement un signe ?

Missions des Frères au Pérou

Les Frères Maristes sont arrivés au Pérou en 1909 ayant comme mission l’éducation. Au fil du temps, ils ont accompli cette tâche : dans leurs propres écoles, dans des écoles de l’Etat péruvien, des écoles pour orphelins ou encore dans des écoles pour la formation des maîtres.

Pour évoluer vers l’égalité fondamentale de tous les êtres humains.

Actuellement, dans le secteur du Pérou, les Frères gèrent dix œuvres éducatives parmi lesquelles une appartient à l’Etat. Ils dirigent neuf collèges (deux gratuits, quatre fréquentés par la population pauvre, trois fréquentés par la classe moyenne de la société), et une université. Cinq Communautés sur les huit que compte le Pérou s’occupent de ces œuvres.

Une autre Communauté a pour mission de diriger et de répondre aux besoins éducatifs et pastoraux dans un collège gratuit de l’Etat qui fonctionne, cependant, dans un local de la Congrégation.

Le collège « San José Obrero »

Des créations plus récentes existent aussi : le collège agricole et de la pêche "San José Obrero" et la Communauté « San Marcelino » à Puerto Maldonado.

« San José Obrero » se trouve, au nord, dans un quartier très pauvre de la ville de Sullana. Il compte environ mille élèves. C’est un centre de formation complètement gratuit. L’Etat assure le salaire de quelques-uns des professeurs mais le bon fonctionnement dépend des aides extérieures de la Province et d’autres organismes nationaux ou internationaux.

La Communauté Mariste « San Marcelino » de Puerto Maldonado, en pleine forêt amazonienne au sud-est du Pérou, n’a pas de mission précise sinon d’être attentive aux besoins de l’Eglise et de la communauté éducative du lieu. Les Frères sont présents dans des centres éducatifs de l’enseignement secondaire et supérieur dépendants de l’Etat, pour du travail pastoral. Ils animent aussi la catéchèse en paroisses ainsi que des groupes de jeunes.

L’Université « Marcelino Champagnat »

Actuellement, l’Université « Marcelino Champagnat », dirigée par les Frères, est l’unique établissement Catholique d’Enseignement supérieur du Pérou. Elle s’adresse à la classe populaire et lui permet de se former comme Professeurs de Religion ou d’autres spécialités suivant les choix de chacun. Elle réalise un travail sur place et à distance.
Elle a permis à des centaines de professeurs de tout le pays d’acquérir des diplômes et à des centaines d’autres personnes qui vivaient dans des zones géographiques éloignées des centres d’études de se former aussi. Les Frères qui en sont responsables s’efforcent d’obtenir toutes les aides pour que l’Université offre des bourses à ceux qui manquent de moyens dans des lieux les plus reculés du pays.

D’après l’entretien avec Frère Jesus Marcos AYUSO du PEROU ;
(traduit par Marie Françoise POUGHON)

(Publié dans « Présence Mariste » n°235, avril 2003)