Présence Mariste aux Philippines

Présentation de ce pays - les débuts des écoles des Frères Maristes - la situation actuelle (« Voyages et Missions » n°81, avril 1964)

Les Philippines ont reçu leur nom de Philippe II, roi d’Espagne.
L’archipel d’origine volcanique compte quelque 7.100 îles ou ilôts.

  • Surface : 290 681 km2
  • Population : 27.436 000 habitants en 1964 contre 7.600 000 en 1903.
  • Nombreux volcans éteints ou dormants dont le Taal, le plus petit du monde avec son constant panache blanc.
  • Habitants : Négritos, Malais (qui vinrent en plusieurs vagues dont la dernière au 15e siècle peupla Mindanao et Sulu de Musulmans), enfin blancs d’origine diverse.
  • Langues : tagalog (base de la future langue officielle), anglais et espagnol.
  • religions : catholique sauf dans le sud (Moroland) où les musulmans sont la majorité. Quelque 700 000 païens dans les montagnes de Luçon.
  • 61 baies importantes dont la plus belle est celle de Manille, capitale.

Données historiques

Magellan, dans son tour du monde, aborde à Cebu en avril 1521 et y plante la croix. Il est tué quelques semaines après dans une île voisine, et les Espagnols se retirent. D’autres expéditions suivent et celle de Legazpi marque la véritable prise de possession aussitôt marquée de conversions massives.

Les Philippines deviennent ainsi le premier pays officiellement catholique d’Asie. Les Espagnols doivent se défendre contre les Portugais, puis contre les Hollandais. Ils se maintiennent jusqu’à la guerre hispano-américaine qui fait passer le pays sous contrôle américain en 1898. Le sentiment national s’éveille au 19e siècle. Le 8 décembre 1941, les Japonais occupent les Philippines qui ne sont reprises par les Américains qu’en 1945. La république indépendante des Philippines est proclamée le 4 avril 1946.

On connaît assez la position des Philippines au Sud-Est de la Chine et sa poussière d’îles répandues autour des grandes îles de Luçon et de Mindanao. La première messe y fut dite à Gebu (une église en marque l’endroit) il y a un peu plus de 400 ans, quand Magellan atterrit ici dans son voyage autour du monde. De là date la christianisation de cette région qui fut longtemps la seule en Asie à avoir été baptisée officiellement.

Les débuts maristes

Après une visite de Frère Louis - Orner, provincial des Etats-Unis, en 1947 à Mgr Gérard Mongeau O.M.I., fut décidée la création d’une école dans Mindanao, la grande île du sud, cette région du Moroland à cause des nombreux Musulmans qui l’habitent.

Des établissements chrétiens n’avaient été créés dans ces provinces de Sulu et Cotabato qu’à partir de 1930 et encore interrompus durant la guerre de 1939 - 45. Ils reprirent vie dès le début de 1946. La province de Cotabato comprend 50% de musulmans et celle de Sulu 95 %

1948 : arrivée des premiers Frères

Les quatre premiers Frères arrivèrent en 1948 et Dieu a si bien béni leurs travaux qu’en 1960 le district philippin devint autonome.
Nous y possédons actuellement quatre écoles secondaires, trois collèges (universitaires) et trois écoles primaires, outre un système complet de maisons de formation comprenant juvénat, noviciat et quatre premières années d’université.

Jusqu’à présent nos maisons sont situées dans les contrées sous-développées de Cotabato et Sulu (Mindanao). Avec notre nouvel établissement près de Manille, les Frères seront ainsi dans quatre diocèses. On peut donc prévoir dès maintenant la création d’une nouvelle province mariste, celle des Philippines, centre d’où les Frères Maristes pourront porter la bannière du Christ aux quatre coins de cet Extrême-Orient s’ouvrant à la vie moderne. On peut voir là un dessein de la Providence que les Frères réaliseront avec l’aide de leur Ressource Ordinaire.

Un front soutenu par l’arrière

Dès la fondation deCotabato, la province des Etats-Unis, puis celle d’Esopus s’attachèrent à soutenir de toutes façons leurs confrères travaillant aux Philipipines.
Il fut convenu que, chaque année, un contingent de deux Frères viendrait passer 7 ans dans la Mission et la plupart de ceux qui vinrent décidèrent de rester pour la vie.
Leurs amis restés aux U.S.A. et leurs anciens élèves furent très généreux pour la nouvelle mission. Aussi l’expansion de nos œuvres ne fut-elle jamais gênée par les questions d’argent et s’avéra très rapide.

Le point sur la situation en 1964

Notre district compte actuellement 25 Frères américains et 35 Philippins (en y comprenant 12 Scolastiques qui finissent leur université). 13 Frères Philippins enseignent déjà à plein temps dont 11 ont les vœux perpétuels. En avril prochain (1964) 4 nouveaux diplômés prendront rang dans la phalange des professeurs.

Le noviciat compte 3 novices et 6 postulants outre les jeunes Cinghalais et Chinois venus faire leurs études ici. Dans notre juvénat récemment ouvert, il y a déjà 14 élèves dont 10 dans la 1re année du baccalauréat et 4 dans la seconde. Après le baccalauréat, ils entreront directement au postulat.

Des écoles maristes prospères

Toutes nos écoles sont prospères et en expansion, grâce à de nombreux professeurs laïques très dévoués, la plupart d’ailleurs anciens élèves diplômés.

Nos 5.044 élèves se répartissent ainsi : 689 dans le primaire, 2 709 dans le secondaire et 1 646 dans les cours universitaires. Une seule de ces écoles a plus de 5 ans d’âge et les cours primaires furent ouverts plus récemment encore. Il y a donc lieu d’espérer que le nombre d’élèves ira croissant rapidement dans un proche avenir.

Un scolasticat va s’ouvrir près de Manille

En août prochain, le Frère Visiteur Damian Teston espère ouvrir un scolasticat mariste près de Manille, capitale politique et économique de la nation. Une propriété de 40 hectares recevra le nouvel établissement et un plan de dix ans a été dressé pour le développement de cette œuvre intéressante.
Ce scolasticat est appelé à devenir international par suite de sa position en Extrême-Orient et de ses installations conformes aux exigences les plus modernes.
Son université sera agrégée à l’Université de l’Etat et habilitée à délivrer tous les diplômes nécessaires aux jeunes Frères suivant ces cours. Cette résidence est aussi bien placée pour recevoir les Frères passant par Manille ou devant y suivre des cours durant les vacances scolaires.
En août prochain, une école primaire (d’application) sera ouverte pour recevoir les enfants des environs et servira de base à un établissement complet prévu avec cours primaires, secondaires et universitaires. Chacune des sections aura en outre de vastes terrains de sports de 4 à 6 ha à sa disposition.

Effort scolaire philippin

Comme tous les pays nouvellement indépendants, les Philippines ont porté un intérêt très grand à l’éducation et le pays s’enorgueillit de ses 30.000 écoles publiques et de ses 2.500 écoles privées.

Manille en particulier est fière de son Université Saint-Thomas
fondée en 1611 qui compte 1.000 professeurs et 3.000 étudiants ou étudiantes et qui est probablement la plus ancienne d’Asie. L’Université de l’Etat compte actuellement plus de 16.000 étudiants. Ces universités et les autres répandues dans tout le pays ont contribué à former les maîtres d’écoles et les diplômés dont le pays a besoin.

Le cycle scolaire aux Philippines
comprend six années dans le primaire, quatre dans le secondaire et quatre (au minimum) dans l’universitaire. Le gouvernement reconnaît les diplômes délivrés par les institutions privées et nous profitons évidemment de cette politique libérale. Pour les Frères venant des U.S.A. munis déjà de leurs diplômes, ils suivent des cours d’été pour compléter leur formation.

Ceux qui travaillent avec nous dans cette mission

Travaillent avec nous dans cette mission philippine du sud des Oblats de Marie (les pionniers) et des Passionnistes. La plupart d’entre eux, aussi bien que les trois évêques sont américains. D’un commun accord et par fidélité à l’idéal commun aux Oblats et aux Frères Maristes, toutes les écoles portent le nom de Notre-Dame suivi de la ville où elle se trouve.
C’est là un bel exemple missionnaire auquel VOYAGES et MISSIONS souhaite le plus magnifique épanouissement.

Quant aux Frères créateurs et animateurs de ce district, ils touchent du doigt la protection constante de leur Mère du Ciel et sont, en conséquence, disposés à faire le maximum d’efforts pour accomplir la tâche que la Providence leur a assignée dans ces îles du Pacifique, pôle d’attraction de l’Asie et de l’Océanie.

d’après Frère Bernard Curtin

(Publié dans « Voyages et Missions » n°81, avril 1964)