Du roulement des tam-tams au gazouillis du twitt

L’information est en train de vivre une véritable révolution. aujourd’hui elle vient nous chercher chez nous. (Publié dans « Présence Mariste » n°279, avril 2014)

Pendant des siècles, l’information se transmettait à la vitesse de la marche à pied, puis de la course d’un cheval ! Les signaux de fumée des Indiens d’Amérique et le tam-tam des Africains apparaissent comme une de prodigieuses exceptions, avant l’arrivée du sémaphore et du « fil qui chante ».

Michel Duchamp

Puis radio et télévision ont permis une connexion quasiment immédiate à ce que veulent bien nous montrer les journalistes.

Et aujourd’hui ! L’information vient nous chercher chez nous, d’un coup de vibreur. Et d’un clic, nous pouvons la commenter pour nos amis… Bon gré mal gré, nous sommes informés de ce qui se passe dans le monde comme aucun humain ne l’a jamais été !

Et nos jeunes en premier ! Qu’en font-ils ? Qu’en faisons-nous ? Quelle place donnons-nous à cette nouvelle donne dans nos écoles ?

L’enquête ci-jointe, si elle insiste sur l’importance d’internet comme source d’information pour nos jeunes, met aussi en évidence leur besoin de « partager » et leur soif d’analyse… Cette recherche de confirmation auprès de l’entourage, via les réseaux sociaux ou en direct, laisse une place de choix aux parents et aux éducateurs. La prenons-nous ?

Twitts gazouillis

L’information est en train de vivre une véritable révolution : il n’y a plus l’informateur d’un côté et l’informé de l’autre… Le citoyen de demain - et déjà d’aujourd’hui - veut participer à l’information et ne pas en être que le bénéficiaire passif et quelquefois captif ! Que faisons-nous de cela dans nos classes ? On est bien loin de l’école de papa ! C’est une inversion totale : l’information ne vient pas que des professeurs, mais des élèves eux-mêmes… Qu’en faisons-nous ?

On en revient toujours à cette question, pourtant controversée ! Placer les jeunes au cœur du système, éduquer leur esprit critique et leurs capacités de choix, et leur laisser une place comme vecteurs de l’information. Co-construire et animer l’information avec les jeunes, plutôt que simplement la transmettre… N’est-ce pas désormais la vraie mission de l’éducateur ?

Michel Duchamp

Réseaux sociaux et Internet

75 % des internautes français surfent aujourd’hui "plusieurs fois par jour". Facebook confirme son entrée dans le quotidien des Français : 53 % d’entre eux possèdent un compte dont 75 % des cadres, 73 % des 25-34 ans et 65 % des 18-24 ans. Facebook est davantage utilisé par les femmes (61 % au lieu de 46 % pour les hommes).

L’inscription sur Twitter n’est pas, de loin, généralisée : 8 % des internautes français possèdent un compte dont 24 % de cadres et 13 % des 18-24 ans. Concernant les médias numériques, les internautes privilégient la rapidité (62 %) et l’interaction « partager l’information avec d’autres personnes » (60 %).

Quelques spécificités concernant les internautes de 18 à 24 ans.

Enfants dos à dos

  • 46 % des 18-24 ans déclarent commenter l’actualité sur un blogue, un site d’information ou les réseaux sociaux (38 % de tous les internautes).
  • 37 % des 18-24 ans préfèrent les blogues et réseaux sociaux pour « partager l’information avec d’autres personnes » (24 % de tous les internautes).
  • 47 % des 18-24 ans estiment qu’ils disposent d’une information sûre et vérifiée sur les sites des grands médias (30 % de tous les internautes).
  • 42 % des 18-24 ans estiment que le "manque d’analyse de l’information" est l’un des deux principaux défauts des médias numériques (30 % de tous les internautes).
  • 27 % des 18-24 ans privilégient les blogues et les réseaux sociaux pour « connaître l’avis d’autres personnes sur l’information » (17 % de tous les internautes).
Extrait d’une enquête CSA de … 2011 !
Les choses ont encore bougé depuis !
(Publié dans « Présence Mariste » n°279, avril 2014)