Interview d’un directeur de radio

Dans le cadre de son dossier sur l’Information « Présence Mariste » a interviewé le directeur d’une radio chrétienne. RCF comporte un réseau de 63 stations en France et en Belgique (Publié dans « Présence Mariste » n°279, avril 2014)

Philippe Lansac est directeur de RCF Lyon- Fourvière. Avec son équipe de journalistes, il produit chaque jour 4 heures d’émission sur la vie économique, politique, sociale, culturelle et religieuse de Lyon et de sa région… Son témoignage sur l’objectivité dans l’information est donc ancré dans la vie quotidienne des salles de rédaction et des studios d’enregistrement.

Présence Mariste - Il n’est pas facile de parler d’objectivité dans l’information. Comment RCF se situe par rapport à cette question ?

Philippe Lansac - Cette recherche de l’objectivité est un combat de tous les jours… Elle est inscrite dans notre ligne éditoriale. Elle se décline pour nous en trois temps : d’abord la rigueur et la fuite de l’approximation ; ensuite la pluralité, qui nous fait donner la parole à tous les courants de pensée ; mais dans tous ces courants, enfin, la place de choix laissée aux approches chrétiennes et aux Églises de Lyon.

PM - On voit bien que les médias traditionnels choisissent de mettre le phare sur des événements précis, et pour une durée déterminée. On dit parfois que ce sont eux qui font l’information. Qu’en pensez-vous ?

PL - C’est ce qu’on appelle « faire le buzz » ! On n’y échappe pas complètement ! Mais le rôle de RCF est de permettre de prendre du recul par rapport à l’information : il y a dans l’information, le chaud et le froid… Certaines radios font le choix de l’information à chaud, et de la rapidité de la présentation des événements. RCF introduit du froid dans le chaud, si l’on peut dire…
Nous proposons un décryptage par de grands dossiers, des débats et des interlocuteurs qui aident à prendre de la hauteur. Un peu comme le journal La Croix le fait dans la presse écrite.

Sudio de radio

PM - On ne peut pas tout dire, il faut faire des choix. Y a-t-il une réflexion à ce sujet dans les rédactions ?

PL - Bien sûr, on fait des choix tous les jours. On choisit ce qui fait sens : on parle peu par exemple des faits divers, sauf s’ils s’inscrivent dans une problématique. Mais on s’attache à chercher des interlocuteurs qui permettant de décrypter l’enjeu de l’information.

Et il y a aussi les choix de l’information nationale et internationale : notre réseau de 63 stations en France et en Belgique nous permet d’enrichir grandement notre regard sur l’information nationale par un enracinement local fort et grâce à notre partenariat avec radio Vatican nous avons accès comme peu de médias français peuvent le faire à une information décentrée de l’hexagone et vraiment mondiale.

PM - RCF est une radio chrétienne. Comment cette caractéristique se manifeste-t-elle dans les choix ?

PL - Notre dimension pastorale est inscrite dans notre projet, dans notre action de tous les jours, et s’exprime dans ces trois volets complémentaires : le premier est un projet éducatif  : aider à comprendre ce qui est en jeu. Le second, c’est notre dimension empathique : donner la parole et laisser s’exprimer, sans harcèlement et sans piège, avec bienveillance. Le troisième, les auditeurs constatent tous les jours que nos journaux se terminent toujours par un sujet positif, c’est notre vision de l’information comme source d’espérance.

RCF profil des auditeurs

Propos recueillis par Michel Duchamp
(Publié dans « Présence Mariste » n°279, avril 2014)