Centrafrique : deux mois et demi en or

Fr Bernard REGIS a participé à une session au Cameroun et animé un camp d’enfants dans la paroisse N.D. de Fatima à Bangui. (« Présence Mariste » n°173, octobre 1987)

Suivant le désir des Frères de Centra-frique, Fr. Rémi Véricel m’a demandé de regagner Bangui. Ma mission consiste à passer les mois de juillet et août avec les Frères Ruffin Balifio et Jean-Louis Yerima, auxquels s’est joint un novice en stage, Emmanuel Maika.

Le programme est tracé dans ses grandes lignes : participation à une session pour professes et profès temporaires au Cameroun, animer un camp pour enfants dans une paroisse de Bangui.

Une session pour profès temporaires au Cameroun

Aussitôt arrivés, nous organisons ce voyage au Cameroun. Pour regagner Bafoussam (nord-ouest Cameroun) nous passons par Akono, au sud-ouest de Yaoudé. Nous profitons de l’hospitalité des nos Frères camerounais et canadiens pour nous préparer spirituellement à la session.

Le 13 juillet, c’est une délégation de sept Frères maristes — quatre de RCA et trois du Cameroun — qui débarque dans le centre de formation protestant qui nous accueille. Nous sommes la plus importante représentation masculine. Peu à peu, tout s’organise et pendant douze jours, 42 sessionnistes, 9 accompagnateurs, 1 aumônier et 3 intervenants se retrouvent autour de trois thèmes centrés sur la relation.

Les échanges en équipes mixtes (Sœurs et Frères de diverses congrégations), les assemblées générales sont riches et empreintes de vérité. Pour nous les Frères de RCA, les paysages de la région de Bafoussam, les langues et les chants liturgiques sont un dépaysement. Nous rentrons au pays à la fin de juillet… après 3.200 km de route, c’est dire combien nous tenions à cette session !

Le mois d’août apporte avec lui une expérience nouvelle qu’il nous faut préparer, en même temps que nous prenons en main le fonctionnement courant de la maison de Bangui, chacun prenant sa part des responsabilités.

Le camp d’enfants à la paroisse N.D. de Fatima

Le camp d’enfants se fait dans la paroisse N.D. de Fatima, à l’autre bout de la ville, environ 10 km. Il fonctionne trois matinées par semaine, pour les enfants de 7 à 15 ans. Nous l’avons baptisé « Fatima, be oko 87 », « be oko » signifiant « un seul cœur ». Vous dire combien il y avait d’enfants est difficile, mais le nombre va de 400 à 500. L’équipe d’animation est plus stable avec une bonne trentaine de filles et garçons.

Nous commençons la matinée par la prière à l’église paroissiale, puis jeux, chants, danses se succèdent, avec un rassemblement de chants mimés en milieu de matinée et un autre, avant de renvoyer les enfants. Il y en a pour les oreilles et, aussi, pour les yeux, chaque équipe se distingue par un bandeau de tête de couleur, porté avec fierté. Les animatrices et animateurs se retrouvent après les activités pour préparer le surlendemain.

Nous avons terminé le 29 août par une Eucharistie et le partage de brioches et de revues pour enfants. L’équipe d’animation, entièrement bénévole, se retrouve quelques jours plus tard pour faire la fête. Nous avons découvert une paroisse où des jeunes sont dynamiques, prêts à donner du temps gratuitement.

Tout le long du mois, à la maison, nous poursuivons une réflexion sur notre vie religieuse mariste à partir de notre expérience et passons beaucoup de temps au travail manuel et services communautaires.

Le 31 août nous accompagnons, avec peine et joie mêlées, le postulant Rufin Bougalama qui s’envole pour le noviciat de Save, au Rwanda. Une récollection nous prépare au 11 septembre, jour où Frère Jean-Louis et Frère Ruffin renouvellent leur profession religieuse. Toute la communauté est rassemblée avec les deux postulants qui passent leur Bac cette année, petite fête de famille avant de reprendre le travail ordinaire.

Belle expérience de vie commune, de réflexion et d’activités apostoliques. Merci à ceux qui l’ont souhaitée, préparée et rendue possible.

Fr. Bernard REGIS

(Publié dans Présence Mariste n°173, octobre 1987)