La planète va mal

Que dire, que faire, qui doit le faire ? Trois grandes questions que beaucoup se posent sur l’avenir de notre planète.

L’auteur du présent article, Nicolas GROSJEAN est actuellement animateur permanent au sein du MRJC (Mouvement Rural de la Jeunesse Chrétienne).
Après avoir obtenu une licence en protection et gestion de l’environnement débouchant sur un poste de technicien de l’environnement, il a accepté, à 22 ans, la poste de permanent au MRJC.
C’est pour lui l’occasion de vivre pleinement un engagement militant pour et auprès des jeunes afin de leur permettre de grandir et de trouver une place dans la société.

Il a accepté volontiers d’apporter sa contribution à l’élaboration du présent dossier. Qu’il en soit vivement remercié.

Question d’équilibre ?

Le cœur du problème

Que dire, que faire, qui doit le faire ? Trois grandes questions que beaucoup se posent sur l’avenir de notre planète. Chaque jour nous apporte son lot de nouvelles plus ou moins désastreuses sur la situation de la Terre. Les multiples exemples qui nous entourent et dont nous sommes chaque jour témoins nous rappellent sans cesse qu’il semble bien difficile de trouver un compromis entre les aspirations humaines et la gestion de l’environnement.

Où est l’équilibre entre le développement et …

Où est l’équilibre entre le développement et la protection de la nature ? Comment mettre en tension les dynamiques économiques et industrielles ou encore l’augmentation du niveau de vie, avec la maîtrise de l’énergie, des ressources naturelles et le respect de la faune et de la flore ? Où est donc la limite pour que règne l’harmonie et que la volonté de progrès, bien compréhensible, de l’homme n’ait pas lieu à ses dépens ?

… et la protection de la nature ?

Là est le cœur du problème ; l’homme ne peut pas continuer dans cette voie sans que les conséquences de ses actes ne se retournent contre lui.

Constats pessimistes ?

Réchauffement climatique ? Effet de serre ? Ou tout simplement coïncidences malheureuses et dramatiques ?

Aujourd’hui, le débat sur le climat est ouvert et divise les hommes. Il n’est pas simple, en effet, de faire des constats scientifiques qui seraient reconnus de tous. Pour certains, c’est la conséquence d’une industrialisation non maîtrisée et non maîtrisable, pour d’autres, cette situation est nécessaire pour le développement et rien ne prouve qu’elle est à l’origine de ces quelques petits degrés supplémentaires qui posent tant de soucis aux météorologues et aux prévisionnistes de tous bords.

Les constats suivants ne se veulent absolument pas exhaustifs, ni rigoureusement scientifiques. Ils sont plus l’illustration des grands maux de la Terre à l’heure actuelle, mais témoignent, dans tous les cas, de l’impérative nécessité de se mobiliser pour et autour de l’environnement.

Mobilisation de tous

Mais qui doit prendre la responsabilité de cette mobilisation ? La réponse est simple mais tellement délicate à mettre en œuvre… Nous sommes tous concernés par ces questions et aucun d’entre nous ne peut se décharger de ses responsabilités. Chacun, à son échelle, est en mesure de faire quelque chose et d’adopter des habitudes plus respectueuses de l’environnement et plus justes humainement. C’est en unissant nos compétences, même minimes en apparence, que nous pourrons faire durablement changer les choses !

Interfaces entre NATURE et HOMME

Nombre de situations nous le rappellent, des références cinématographiques aussi parfois : nous sommes entourés de divers éléments qui constituent l’interface entre la nature et l’homme. Nombreux sont les exemples où ces éléments se déchaînent, manifestant la toute puissance de la nature et l’impossibilité de la contrôler.

Le recyclage des divers matériaux : une nécessité

Sans multiplier les exemples, je voudrais simplement prendre quelques faits marquants qui mettent en valeur cette délicate question de la gestion raisonnée des quatre éléments fondamentaux que sont : l’eau, la terre, l’air, le feu. Nulle volonté de dresser un tableau catastrophique, mais plutôt de rappeler ce qui se déroule sous nos yeux, chaque jour, à la télévision.

L’or bleu

L’or bleu… Voilà une nouvelle appellation pour cet élément fondamental, à l’origine de la vie. Et pourtant, quoi de plus simple que l’eau ? On la trouve en quantité à la surface de la Terre mais sa répartition est inégale. Alors que certains pays en font la principale source de leurs revenus, d’autres en manquent cruellement.

Les médias témoignent régulièrement de la situation de certains pays d’Afrique, victimes de sécheresses, où les populations n’ont pas accès à l’eau, que ce soit pour irriguer leurs terres, ou tout simplement, pour s’hydrater. Ce genre de constat est couramment dénoncé par les associations humanitaires ou les ONG…, mais il est rare qu’il soit pris en compte face aux lobbyings de ce monde.

Mais nul besoin d’aller à l’autre bout du globe pour être confronté à ce genre de situation. Beaucoup plus proches de chez nous, en France, les disparités se creusent aussi. De plus en plus tôt chaque année, certains départements instaurent des restrictions d’eau mettant à mal la vie de la région.

Certes, ce ne sont pas des vies humaines qui sont directement menacées ; mais les réserves s’amenuisent et des questions commencent à se poser… Les cours d’eau qui faisaient la joie des pêcheurs, naguère, sont parfois transformés en de véritables égouts à ciel ouvert et transportent, sur des centaines de kilomètres, une pollution toujours plus présente.

Ni gaspiller, ni polluer l’eau

L’un n’allant pas sans l’autre, les problèmes de la gestion de l’eau sont directement liés à la pollution de la terre. On ne compte plus les exemples de pollution des sols ayant des conséquences sur les réserves d’eau situées juste en dessous.

En de multiples lieux de notre planète, les industriels, les agriculteurs et bien d’autres personnes déversent, volontairement ou non, des produits toxiques qui se répandent dans le sol et, par infiltration, atteignent les nappes phréatiques ; ces réserves d’eau dans lesquelles nous puisons allégrement. Certaines de ces nappes ont mis des milliers d’années à se constituer et nous les polluons pour bien plus longtemps encore.

Sans doute, certaines pollutions se résorbent-elles avec le temps, mais nombre d’entre elles ne disparaîtront pas de si tôt, dépassant de loin l’espace-temps que l’homme peut percevoir. Quel cadeau pour les générations futures !

L’air que l’on respire

L’air non plus n’est pas épargné par la pollution.
Chaque belle journée d’été est là pour nous rappeler qu’en telle ou telle grande ville, un nouveau pic de pollution est atteint. Chacun sait aujourd’hui que prendre sa voiture pollue ; mais comment se déplacer autrement ? On ne peut, cependant, que se réjouir de l’avancée des technologies qui mettent chaque jour sur le marché de nouveaux moteurs, de nouveaux filtres permettant de limiter la pollution. Mais les progrès sont lents et devraient s’amplifier pour qu’un jour la situation puisse se retourner à l’avantage de l’homme et de son environnement.

Limiter au maximum les émissions de CO2

La ville de Mexico est un exemple flagrant, parmi d’autres. Sa situation illustre l’impérative nécessité de se mobiliser contre cette pollution qui touche quiconque respire sur Terre. En effet, cette capitale, cerclée de montagnes, disparaît chaque jour un peu plus sous une chape de pollution dont il lui est impossible de se défaire. Cela, au détriment de la qualité de vie de ses quelque 20 millions d’habitants condamnés à respirer cet air vicié sans pouvoir lutter.

L’objectif n’est donc pas tant de stopper toutes les sortes de pollutions, ce qui passe pour utopique, mais de limiter au maximum les émissions toxiques vers ces différents milieux que nous considérons comme nôtres et qui font partie du patrimoine commun de la planète.

Nul n’a le droit plus qu’un autre de s’accaparer un milieu et de le polluer à sa guise, sans prendre en compte les conséquences sur les autres individus.

La gestion de l’énergie

Il reste la question cruciale de la gestion de l’énergie, objet de nombreuses conférences à travers le monde. Là encore, l’enjeu est de réussir à mettre en tension les intérêts de l’homme et ceux de la nature. Cela demande des efforts, qui semblent vains parfois. Nous sommes aujourd’hui proches de la fin des énergies fossiles, telles que le pétrole ou le charbon.

Mais que penser des alternatives proposées, des énergies dites « propres », telles l’éolien ou le solaire ? Ne sont-elles pas elles-mêmes polluantes, quand on sait l’énergie nécessaire à la fabrication d’un panneau solaire ? Ces alternatives, cependant, même si elles ne sont pas parfaites, ont au moins le mérite d’exister et de faire face à l’hégémonie du nucléaire.

Développer de nouvelles sources d’énergie

Il faut reconnaître que les interrogations, justifiées pour la plupart, tournent autour de ce type d’énergie. Est-il acceptable de prendre de tels risques pour pouvoir regarder tranquillement le film du soir à la télévision ? Sans doute ne faut-il pas caricaturer la situation, mais la réalité démontre bien une augmentation constante de la consommation d’énergie. Alors qu’elle était maximale pendant la période d’hiver, à cause de l’utilisation du chauffage, on observe, ces dernières années, une consommation à peu près constante, tout au long de l’année, En effet, les climatiseurs tournent à plein régime pendant l’été et leur multiplication entraîne une très forte consommation d’énergie.

Mais ceci semble dérisoire quand on voit les aberrations commises dans certains pays. Je ne citerai que l’exemple de Dubaï, qui a vu naître en novembre 2005 une station de ski ! En plein milieu du désert, une énorme structure permet de maintenir les quelques pistes enneigées à -1°C par 40°C de température externe ! Voilà de quoi dérouter… Dès lors, il est normal de s’interroger sur la nécessité ou non de consommer à ce point. Quelles solutions existent ? Quelles énergies « propres » peut-on imaginer ? Ce sont là quelques-uns des questionnements majeurs d’aujourd’hui et de demain.

A l’aide de quelques exemples et constats, voici donc la situation actuelle de notre planète. Elle est grave, mais pas désespérée. Il ne tient qu’à nous de faire en sorte que les choses évoluent et s’améliorent. C’est une question de responsabilité collective et individuelle.

Nous sommes tous concernés et nous pouvons tous agir, chacun à notre niveau !

Nicolas GROSJEAN

(Publié dans « Présence Mariste » n°250, janvier 2007)