Le virus de Dieu : témoignage de Nathalie

Témoignagne donné aux jeunes se préparant à la Profession de Foi (5e) (« Présence Mariste » n° 210, janvier 1997)

Je m’appelle Nathalie, j’ai trente ans. Le Frère Alain m’a demandé de vous parler de ma conversion… Il se trouve que je suis atteinte du … virus de Dieu. Nous entendons souvent parler du virus du Sida ou d’autres fléaux, souvent mauvais pour l’homme. Mais le virus de Dieu on en parle peu ou alors on s’écrie : « Bah, encore une bizarre (folle) ! » Bien que ce ne soit pas un virus qui détruit ou alors les idées fausses : c’est un virus qui construit … Enfin … Comment l’ai-je attrapé ? Ou plutôt devrai-je dire, comment m’a-t-il attrapé ?

Pas de parent ou de grand-mère
pour me forcer à aller à la messe..

Alors ? J’ai été baptisée mais je n’ai reçu aucune formation religieuse ni de catéchisme.

La seule personne qui me parla de Jésus, était une copine de classe de CE1, qui allait au catéchisme. Elle m’avait donné une image de Jésus, figuré debout sur un rocher, avec les bras écartés. On pouvait y lire cette inscription : « Je vous attends les bras ouverts ».

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Cette petite copine me parlait de Jésus à sa façon. Et sa façon était de m’effrayer par son contraire. Par exemple, alors que nous jouions dans sa chambre, elle me disait : « attention, le diable est sous mon lit. Il est dans le placard…etc ». Quant à Jésus, son image au-dessus de mon lit, je le priais, à ma façon… mais uniquement pour obtenir de bonnes notes. Si bien que je ne travaillais plus… Je comptais sur Lui… Lorsque je m’aperçus, rapidement, que je n’obtenais pas de A ; pleine de dépit, je déchirais Son image, me disant qu’après tout « il ne me servait à rien ! ». Et fin de l’épisode…

Une conversion surprenante …

Je grandis donc sans Le connaître ! Par contre, je me posais beaucoup de questions : « Où va-t-on après la mort ? A quoi ça sert la Vie ? » Et cette recherche passait par l’observation de la Nature ou la lecture de livres. Il y a un peu plus d’un an, je lisais pour la première fois les Evangiles. Enfin, j’apprenais à connaître Jésus ! Alors que j’en parlais autour de moi, les gens, bof ! n’étaient pas plus intéressés que cela ! Pour la première fois je priais Dieu de me faire rencontrer d’autres personnes qui avaient la même « passion ». Il s’est sûrement dit : « Pour une fois que ma fille me prie, et que cela est bénéfique pour elle, je vais l’exaucer immédiatement ! ». Et me voilà, faisant mes courses, chariot contre chariot, discutant avec une dame qui me dit faire partie d’un groupe de prières à Saint-Victoret.

Et puis tout s’enchaîna très vite …

Et puis tout s’enchaîna très vite : ma rencontre avec un prêtre, ma première confession, communion… prochainement ma confirmation, puis mon mariage et le baptême de mon fils Robin. Et depuis, je vais tous les dimanches à la messe, avec plaisir. Personne ne m’y force… J’ignore comment cela se passe pour vous ?…

Ma jeune sœur, parlant de mon attitude, à mon mari, lui dit un jour : « Nathalie… Je ne comprends pas ! Elle est jeune… pourquoi ne fait-elle pas plutôt du sport ou une activité de son âge ? Les prières, les chants… ce genre de truc, je le ferais, à la rigueur, quand je serais vieille ».

Je dirais, moi : que mieux vaut tard que jamais ! Mais pourquoi attendre ? La durée de ma vie sur terre, je l’ignore ; mais je sais (et me retournant vers le Christ en croix de la chapelle) qu’il nous attend, nous tous, les bras ouverts ».

Nathalie LANUSSOL, Marignane

(Publié dans « Présence Mariste » n°210, janvier 1997)