Vaclav HAVEL

Vaclav HAVEL (1936-2011), une grande figure de la démocratie, héros de la « Révolution de velours » (Présence Mariste N° 271, avril 2012)

__6__ UNE GRANDE FIGURE DE LA DEMOCRATIE

Décédé le 18 décembre 2011, Vaclav Havel fait partie sans aucun doute des personnalités qui ont marqué l’histoire de l’Europe de l’Est à la fin du 20e siècle.

Vaclav Havel, président
Vaclav Havel, président

Dissident de toujours, héros de la « révolution de velours », dramaturge, réalisateur, essayiste, philosophe, les attributs ne manquent pas pour désigner Vaclav Havel. Il était tout cela à la fois et n’a jamais dissocié aucune de ses fonctions.

Né le 5 octobre 1936 à Prague, au sein d’une famille de la bourgeoisie praguoise, riche et cultivée. En 1948, à l’arrivée au pouvoir des communistes, sa famille est dépossédée de ses biens. Le jeune Vaclav, au terme de sa scolarité obligatoire, se trouve comme la plupart des membres de l’élite, taxé « d’ennemi du peuple » et donc interdit d’études par le régime communiste. Qu’à cela ne tienne, apprenti-technicien dans un laboratoire de chimie, il complète sa formation pré-universitaire en assistant à des cours du soir, tout en commençant à publier articles et nouvelles dans des revues liées au théâtre. En 1963, le théâtre « La Balustrade » produit sa 1re pièce « la fête en plein air » ; elle véhicule de manière forte les idées et tendances qui culmineront lors du Printemps de Prague de 1968 dans l’expression « un socialisme à visage humain » incarnée par Alexandre Dubcek.

Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, sur décision de Léonid Brejnev, les armées des pays « frères », envahissent la Tchécoslovaquie et anéantissent le processus de libéralisation du Printemps de Prague. Malgré les menaces, Vaclav Havel, opiniâtre et intrépide, n’abandonne pas ses convictions ; son engagement lui coûte, d’abord, la censure de ses pièces puis, en 1971, leur interdiction.

Le Cardinal Tomasek, Jean-Paul II et Vaclav Havel
Le Cardinal Tomasek, Jean-Paul II et Vaclav Havel

Pour vivre, il travaille dans une brasserie et entre résolument dans la dissidence en continuant de dénoncer l’oppression du peuple par la « normalisation » : censure des medias, interdiction de voyager à l’étranger et aux opposants au régime d’exercer des responsabilités et à leurs enfants d’accéder aux études. Vaclav écrit : « Ce pouvoir pervers et dangereux peut arrêter tout un chacun simplement parce qu’il respire, parce qu’il chante, parce qu’il se promène… ! »

En 1977, il est l’un des co-fondateurs et l’un des trois porte-parole de la « Charte 77 », une organisation de défense des droits de l’homme ; cela lui vaudra la prison à trois reprises (5 ans entre 1977 et 1989).

La ville de Prague, son château et sa cathédrale au loin
La ville de Prague, son château et sa cathédrale au loin

En novembre 1989, il devient un personnage-clé de la Révolution de velours et, en décembre, il accède à la présidence sans l’avoir vraiment souhaité ; il est reconnu comme un président non partisan, indépendant de tout parti politique.

En juillet 1992, il démissionne de ses fonctions lorsque la partition entre Tchèques et Slovaques devint inéluctable et en janvier 1993, est élu président de la nouvelle République tchèque indépendante.

Havel a incarné les aspirations de la moitié d’un continent coupé par le Rideau de fer et a voué toute sa vie à la cause de la liberté humaine.


Henri Paccalet
(Publié dans Présence Mariste N° 271, avril 2012)