Les Cafés Philosophiques

PM 280 Logo spe Les cafés philos connaissent rapidement un grand succès. Ils fleurissent dans les associations culturelles, les maisons de la culture et les écoles. Ils ont en commun de vouloir laisser la parole à des gens non spécialistes de la philosophie qui ont envie de mettre du sens à leur vie ou à l’actualité.. (Présence Mariste n°280, juillet 2014)

Le premier café philosophique a eu lieu en juillet 1992, au Café des Phares à Paris.

L’expérience fait des émules, et les cafés philos connaissent rapidement un grand succès. Ils sont à présent sortis des cafés et bars parisiens et fleurissent dans les associations culturelles, les maisons de la culture et les écoles…

Une charte de l’année 2000 définit quelques principes à l’usage des animateurs et des participants. L’ouverture à tout public, la liberté de parole, le refus de l’agressivité, la citoyenneté en sont les principales lignes directrices… Quelques règles de fonctionnement sont aussi proposées. Mais dans les faits et c’est aussi leur richesse, les cafés philos se sont développés selon des voies bien diverses.

Ils ont cependant tous en commun de vouloir laisser la parole à des gens non spécialistes de la philosophie, qui ont envie de mettre du sens à leur vie ou à l’actualité. Il arrive parfois qu’une personnalité connue vienne lancer la discussion, mais c’est toujours le débat qui prime : un café philosophique, ce n’est pas une conférence !

Qu’est-ce qui explique ce succès ? De toute évidence, puisque la participation est toujours par définition, libre et volontaire, c’est la soif d’explication de ce qui se passe dans le monde et dans nos vies, et la recherche de sens. On parle de perte des valeurs ! Peut-être, mais parlons plutôt de la perte des valeurs toutes faites sur lesquelles nous n’avons pas prise ! Tout homme a besoin de sens, de valeurs qu’il s’approprie et de repères. Et c’est sans doute cela qu’il vient chercher dans les cafés-philo…

Il y a controverse ! Certains mouvements philosophiques patentés regrettent cette démocratisation qui leur ôte une partie de leur maîtrise ! Mais n’est-ce pas eux qui créent ainsi l’aversion que le seul mot de philosophie soulève parmi bien de nos contemporains ?

La philosophie, c’est l’affaire de tous !

Michel DUCHAMP
(Publié dans « Présence Mariste » n°280, juillet 2014)