La famille : une dynamique qui nous (re) lie les uns aux autres

PM287 logo Nous avons choisi de donner la parole aux jeunes d’un lycée professionnel sur le sujet important de la famille qui les concerne directement et nous tout autant. (Présence Mariste n°287, avril 2016)

Mélanie Huguet
Mélanie Huguet

Alors que l’on peut se désoler de situations inquiétantes touchant de plein fouet les familles comme le nombre important de divorces, les pressions économiques, les longues distances pour aller travailler, les relations conflictuelles entre parents et enfants, entre membres d’une même famille… nous avons choisi de donner la parole aux jeunes du lycée professionnel de la Grand’Grange (Saint-Chamond) sur ce sujet important qui les concerne directement et nous tout autant. Nous avons donc récolté dans cet article les fruits de plusieurs rencontres avec des élèves de 3e Prépa-pro, de 2nde et de Terminale professionnelles.

Fonder une famille ? Et pourquoi pas !

Bien que tout ne soit pas rose, les jeunes ont exprimé très largement leur désir de fonder une famille à leur tour le moment venu. Pour eux, l’expression "fonder une famille" signifie en premier lieu rencontrer "la bonne personne" avec laquelle la vie quotidienne sera partagée tout comme le projet d’avoir des enfants.

Bien évidemment cette idée fait peur. Elle ouvre en effet un avenir qui ne peut être maîtrisé de A à Z et qui, de ce fait, soulève de nombreuses interrogations (par exemple : Que deviendra notre enfant ? Quelle relation aurons-nous avec lui ? Et notre couple, tiendra-t-il dans la durée ?…). Mais la majeure partie des jeunes tenteraient l’aventure. Leur point d’appui ? Leur propre expérience familiale ! Apprenant de celle-ci, ils sont capables de porter un regard très pertinent sur la façon dont ils envisageraient par exemple la relation avec leur propre enfant. Ce n’est pas parce qu’eux-mêmes ont un "père-copain" que les jeunes garçons le seront à leur tour. Bien au contraire une telle attitude les interroge car celle-ci impose à la mère de faire le "sale boulot" !

Fonder une famille en partageant la vie quotidienne avec « la bonne personne »
Fonder une famille en partageant la vie quotidienne avec « la bonne personne »

La famille comme lieu où la vie s’exprime et s’accompagne

“Depuis que ma grand-mère est morte, ma famille ne se retrouve plus. Elle seule savait nous rassembler. Maintenant c’est fini ?.
Ainsi, faire le deuil de moments privilégiés passés avec telle ou telle personne tout comme dire les mots vie, décès, peur qu’il arrive quelque chose à la famille, rires, engueulades, apéros, moments partagés expriment tout simplement ce qu’est la VIE. Les jeunes ont donc mis le doigt sur cette évidence que la famille est bien le lieu où s’expérimente le fait d’être accompagné sur son propre chemin de vie. Une naissance, un mariage, un anniversaire, un décès mais aussi la vie quotidienne sont autant d’étapes vécues par chacun d’entre nous et accompagnées grâce à nos proches (amis, familles, voisins, collègues de travail, enseignants, éducateurs…).

Chaque jeune a témoigné à partir du lieu qui est le sien : sa propre famille dans laquelle il est né et continue de vivre. Malgré leurs expériences douloureuses qui font toucher du doigt la fragilité des liens, ils sont reconnaissants et malgré l’avenir incertain, ils espèrent un avenir dont ils seront les acteurs principaux.
À nous de les aider, à nous de les accompagner sur ce chemin étonnant et inquiétant qui est le nôtre également : celui de la vie.

Que chaque jeune soit remercié pour leur témoignage de foi en la vie et en sa bonté… malgré tout !

Mélanie Huguet,
Animatrice en pastorale
(Publié dans « Présence Mariste » n°287, avril 2016)