L’Ecole Montalembert de Toulouse

L’histoire de l’institution Montalembert : les débuts, les aménagements successifs. ("Voyages et Missions n°88, janvier 1966)

Après l’expulsion des Religieux de France en 1903, après la guerre 14-18 surtout, les Frères qui s’étaient expatriés en Espagne reprenaient envie et espoir d’un retour au pays.

Les Supérieurs conservaient des contacts de l’étranger en vue d’une réimplantation de collèges en France, implantation camouflée et tolérée puisque la loi d’expulsion de Combes n’était pas abrogée. C’est pour cela que les Frères restèrent alors en costume civil pour la plupart jusqu’en 1942, année où le Maréchal Pétain autorisait les Religieux à reprendre leur habit distinctif (cordon, croix, rabat blanc).

Et ce fut une heureuse surprise pour les élèves de retrouver, à la rentrée d’octobre, leurs professeurs ainsi costumés. Le rabat sera supprimé au Chapitre Général de 1958.

L’arrivée des premiers Frères à Toulouse

Les premiers Frères arrivent donc à Toulouse en 1920. Sur les instances pressantes des Curés, ils prendront en charge les écoles paroissiales de Saint-Nicolas, de la Dalbade, de St-Jérôme. En 1923, l’occasion d’acheter une maison d’école abandonnée par les Pères Jésuites nous est offerte.

Nous voilà implantés à la rue des Trente-Six Ponts où les Frères vont s’occuper des quelque 70 élèves et de la douzaine d’étudiants en Faculté hébergés dans la maison. Mais l’intention des Supérieurs est de réaliser à Toulouse un collège secondaire. Tout est à faire. Cependant dès 1930, l’Ecole présente au baccalauréat avec succès (9 sur 11), ses premiers élèves, et « Montalembert » est reconnue officiellement parmi les Ecoles Secondaires de la ville.

Depuis 1930, une incessante progression a été soutenue quant aux constructions scolaires, quant au nombre des élèves. Au numéro 16 d’origine se sont ajoutés, dans l’ordre d’acquisition, les numéro 12, 14, 10, 22, 8, 18, formant sur la rue une façade de 100 mètres, Acheter, abattre, reconstruire : voilà de quoi occuper plusieurs générations de Supérieurs et d’Economes.

Chaque décennie voit se dresser un nouvel immeuble

En effet, chaque décennie voit se dresser un nouvel immeuble : un bâtiment intérieur de 60 m. parallèle à la rue, en 1938-39 ; un deuxième, intérieur toujours et perpendiculaire au précédent en 1949-50 ; un troisième bâtiment en façade (à poursuivre) avec un laboratoire « type officiel » pour les expériences scientifiques et une salle de gymnastique.

Le bon esprit de tous, professeurs et élèves, a toujours permis de fonctionner sans trop de gêne dans des secteurs provisoires plus ou moins confortables. Notre maison de campagne, à la périphérie de Toulouse, a été transformée en dortoirs à chaque étape de la construction. La « Villa Champagnat » se trouve actuellement prise dans le quartier de la nouvelle Faculté des Sciences et le projet d’installation d’une Ecole Supérieure d’Aéronautique est venu l’amputer, par expropriation, du tiers de sa superficie. Longtemps on avait caressé le projet d’y transporter « Montalembert »…
Elle reste malgré tout un précieux pied-à-terre.

Parallèlement à ces réalisations a augmenté le nombre des élèves : 200 dans les classes primaires et près de 500 dans les classes secondaires. Les classes correspondant aux sections classiques et modernes ont été progressivement dédoublées. Nous avons pu également, cette année, offrir aux grands élèves les trois options en classes terminales : Math-Elém., Philosophie et Sciences Expérimentales.

L’école passe un contrat
d’association avec l’Etat

Les structures déjà bien établies pour répondre aux exigences de la Loi Debré de 1959, l’Ecole passait un contrat d’Association avec l’Etat d’abord pour le Secondaire en 1960, ensuite pour le Primaire en 1962. S il reste encore du « pain sur la planche », la petite école de la rue des Trente-Six Ponts n’en est pas moins devenue aujourd’hui l’un des grands collèges de la ville. Sa notoriété à Toulouse et dans la région n’est que la résultante d’un constant effort de dévouement et de collaboration pour une meilleure éducation chrétienne, humaine et intellectuelle dans des locaux toujours mieux adaptés aux exigences modernes.

L’assemblée des Anciens Elèves : une excellente
journée d’amitié et de gratitude

L’Assemblée annuelle des Anciens Elèves, le dimanche 28 novembre, leur a permis de goûter, une fois de plus, la joie de la rencontre et d’évoquer les souvenirs de jeunesse dans un contexte qu’ils voient s’améliorer d’année en année. Après une REUNION de TRAVAIL fraternelle et animée, ils se retrouvaient à la chapelle dans une communion de foi et d’intentions autour de l’autel. Au banquet traditionnel ne manquaient ni l’entrain ni les toasts ! Une après-midi dansante avec attractions et prestidigitation retenait ensuite un groupe de Jeunes Anciens que femme ou fiancée était venue rejoindre.
Excellente journée de l’amitié et de la gratitude !

(Publié dans « Voyages et Missions » n°88, janvier 1966

Vos témoignages

  • YVES 24 septembre 2011 05:23

    A JEAN 34 (7 Octobre 2010 ) j’ai lu ce témoignage avec émotion ; j’ai eu la chance de passer rapidement dans l’ecole (mes parents furent affectés ailleurs) ,mais franchement j’en garde une impression de cauchemar , d’angoisse pesante .Triste époque .Mais j’ai réussi ma vie professionnelle et affective , je pense que certain de nos « chers frères » avaient un manque à ce niveau .Toute une époque ….révolue .Merci à Jean34 .

  • jean 34 7 octobre 2010 19:38

    Je revois les photos de Montalembert avec une certaine émotion puisque j’y étais entre 1962 et 1968, époque où la pédagogie n’était pas le point fort de nos « chers frères » et où l’établissement avait la réputation d’être réservé aux fortes têtes. Le directeur, le frères Bernet, béarnais bon teint, y faisait régner la terreur, distribuant les retenues du samedi après midi et du dimanche matin avec un plaisir sadique, si on n’avait pas la moyenne au devoirs hebdomadaires de math et de physique chimie qu’il enseignait. Même pas de pitié pour les pensionnaires qui passaient des trimestres entiers sans pouvoir rentrer chez eux. Frère Bouchet qui enseignait l’histoire et géo et le français, lyonnais suffisant qui lisait le même cour chaque année, à la virgule et à la blague vaseuse prés. Chacun se procurait le cahier d’un ancien, et savait à quel moment l’astuce allait arriver, on riait pour lui être agréable, on nous apprenait ainsi à être serviles et à courber l’échine. Malheur aux contestataires, comme moi qui ai pris trois heures de colle pour avoir contesté le maître en osant insinuer que l’Aude ne se jetait pas dans la Garonne mais dans la Méditerranée. Des profs de gym qui nous faisaient courir autour du stadium sous la pluie, pendant qu’ils fumaient à l’abri. L’arrivée de professeurs laïcs et de quelques femmes changea un peu les mentalités, mais ils restaient inhibés par la personnalité du directeur. Ma meilleure année fut la terminale Philo avec l’abbé Blanc qui sortait du lot, avec le frère Thénoz prof de maths et frère Sourd prof d’anglais. J’ai assisté à la construction du laboratoire, d’une partie des bâtiments perpendiculaires à la rue et au gymnase où nous devions assister aux matches du tournoi des 5 nations le samedi après midi. Beaucoup de mes camarades ont souffert de ces conditions et ont abandonné les études sans diplôme. d’autres comme moi se sont forgé une carapace et ont réussi dans la vie, mais je garde une rancune envers ces « enseignant » qui n’avaient aucune compétence et qui ont gâché une partie de notre jeunesse. Que de changements depuis !!!

    • L’Ecole Montalembert de Toulouse 23 août 2011 23:50, par CISCO 64

      En lisant ce commentaire sur montalembert je suis revenu 50 ans en arriere et j aimerai reparler de cette pèriode avec l’auteur. Je suis resté dans cet établissement de 1960 à 1966 en tant qu interne alors je pense qu’on se connait.

    • C’est avec une certaine émotion que j’ai lu ces quelques lignes puisque je suis également un ancien de Montalembert,et y ai effectué tout le secondaire de 1963 à 1969. Je me souviens du Directeur frère Beret,plus connu d’ailleurs à l’époque sous son surnom . Certes la discipline y régnait,mais cela ferait peut-être beaucoup de bien à certains jeunes d’aujourd’hui. Nous étions dans les années 60 et tout a bien changé…Je me souviens du Frère Bouchet,et suis d’accord avec vous.J’avais beaucoup apprécié l’enseignement de l’anglais par le Frère Sourd.J’ai quitté Toulouse depuis longtemps et n’ai jamais eu de contact avec les anciens de cette ecole.Après les évenements de Mai 68,les choses commençaient un peu à changer,et de plus en plus de laics y enseignaient. Je ne garde pour ma part aucune rancune envers ces Frères,hormis le fait que faire des études supérieures après n’était dejà pas évident même à l’époque et ce sur encadrement ne nous y préparait pas bien évidemment. Francis 67

      • L’Ecole Montalembert de Toulouse 12 février 2012 19:31, par JLM

        Bonjour, Ces quatre messages que je viens de lire me désolent. Ils sont exacts, mais si leurs auteurs n’avaient pas reçu un peu cette éducation, ils n’auraient peut-être pas eu le privilège de donner leur avis. C’est tout comme « Les repas sont mauvais à la cantine ». Il faut être plus large d’esprit, et reconnaissants et indulgents envers ceux qui croyaient bien faire. Globalement et vu avec du recul, les cours étaient excellents, et la vie agréable même si l’école était un peu tristounette.

        Je fus élève à Montalembert de 1954 à 1959. Je conserve d’excellents souvenirs des promenades en rang à Pech-David, de foot à Rangeuil, sous la conduite de Pet-Sec. Mais mes souvenirs vont vers Ion-Ion avec son cours manuscrit de physique et sa guerre de 14, vers le Pétaud un bon Landais, pas mauvais en sciences, Il y avait bien sur ce pauvre Bouchet (Lagarde et Michard) et surtout Gaston qui me fila en Math élem, non pas 3 heures de colle, mais 15 jours, plus une tarte dont je me souviens encore, avec obligation d’apprendre par cœur à genoux « L’affaire Dreyffus ». Cela m’a permis d’obtenir mon bac avec mention (je suis tombé sur l’Affaire Dreyfffus), ce qui m’a propulsé dans mes études supérieures pointues et une carrière professionnelle très honorable. Le péché était véniel, on avait balancé de nuit, des billes dans les lavabos collectifs du grand dortoir.

        Aujourd’hui encore, à 72 ans, allant en Argentine, je passe plusieurs fois par an au-dessus de Saint Paul (Sao Polo) et je ne peux m’empêcher de penser au Frère Isidore (Zizi), le Brésilien, il était excellent.

        Moi, « Montacul les Flots », je n’en ai que de bons souvenirs, et les frères Maristes même si certains n’étaient pas des aigles ou des polytechniciens, ils ont contribué à mon éducation, et ils ont tout mon respect.

    • L’Ecole Montalembert de Toulouse 13 janvier 2013 15:50, par PETRUS48

      Bonjour, Je suis surpris par le message de Jean. J’ai été élève à Montalembert de 1962 à 1968. En 1962 , j’ai été renvoyé de l’enseignement public. Les Frères Maristes ont réussi à me remettre dans le droit chemin. Je rends un vibrant hommage au Frère BERNET dit « PETO »ainsi qu’à l’équipe enseignante qui était d’un excellent niveau.Un grand merci aux Frère SOURD,THENOZ , à l’Abbé BLANC, et à Mr FOURNIER. J’ai eu mon BAC avec mention BIEN. Les bonnes bases acquises m’ont permis de décrocher une licence d’Anglais et de faire une carrière de cadre commercial dans la Marine marchande. Les Frères étaient disponibles 7 jours sur 7, ils ne ménageaient pas leur peine.Qui serait capable de faire la même chose aujourd’hui ??? Je n’ai malheureusement pas la réponse.

      • L’Ecole Montalembert de Toulouse 16 janvier 2013 21:46, par PLAMBERT

        J’ai été élève de Montalembert de 1978 à 1982 (année du BAC) ; je conserve un souvenir ému de cette période marquée par des professeurs remarquables qui m’ont donné le goût du travail. A mon arrivée, j’étais un élève médiocre et démotivé, Montalembert m’a repris en main, les résultats n’ont pas décollés tout de suite mais j’ai appris grâce à ce lycée le goût de l’effort et de la persévérance. Au bout d’une année, j’étais sorti d’affaire et faisais partie des meilleurs élèves. Puis BAC C en 1982, classes prépa, ENSEEIHT à Toulouse, un MASTER of Science aux USA, puis une maîtrise d’économie. Certains lycées ne recherchent que le haut du classement du meilleur taux de réussite au BAC, bien souvent, ils ne sélectionnent au départ que les meilleurs ; peut-être que Montalembert ne fait pas parti du top 10, mais quelle importance, puisque le vrai travail pédagogique ne consiste t’il pas justement à aider un élève en difficulté à réussir ? Je remercie tout particulièrement un personnage d’exception : frère Pierre, dont l’intelligence et l’ouverture d’esprit m’ont énormément apporté.

        Pierre Lambert

        • L’Ecole Montalembert de Toulouse 10 avril 2013 21:34, par François Gineste

          Ancien éleve de 1975 à 1977, je garde globalement un mauvais souvenir de monta,les conditions de vie des internes étaient particulièrement……spartiates !!je garde un souvenir ému de la toilette au lavabo et à l’eau froide !Bon,ceci dit "tout ce qui ne nous tue pas….etc,etc. Je reconnais volontiers que les maristes n’étaient tous des mauvais bougres,et je me souviens m’etre bien amusé à l’arrivée des filles de notre dame,nos chers frères ont eu à cette occasion,comme un moment de flottement !!! Pour conclure et pour paraphraser Montherlant dans la ville dont le prince est un enfant « il y a finalement bien peu d’amour dans tout ça »

      • L’Ecole Montalembert de Toulouse 15 juillet 2014 13:42, par Christian76

        Bonjour à tous les anciens !,

        J’ai été demi-pensionnaire à « Montacul » de 1961 à 1965, et je retrouve donc dans les témoignages de mes contemporains de l’époque de bons souvenirs, finalement. Certes, la discipline était rigoureuse et le dialogue inexistant, mais cela vous forge le caractère pour la vie. On est dans l’excès inverse de nos jours…

        Je me souviens avec nostalgie des concours de billes tous les ans (les fameuses pyramides de billes en terre cuite à « dégommer »), et des calots qu’on pouvait y gagner si on était bon !. Par ailleurs, il y avait aussi « Pétaud » qui jouait à la pelote basque à mains nues (gare aux claques qu’il donnait !), et sa Panhard PL17 noire garée dans la cour.

        Sur le plan scolaire, je dois avouer que je n’ai jamais été bon en Anglais à Toulouse, et que le fait de déménager à Lyon (et surtout de changer de prof) m’a décoincé sur cette matière, ou je devins le meilleur de la classe… comme quoi, le feeling entre prof et élèves compte pour beaucoup !.

        Je me souviens aussi des conversations avec certains pères avec qui l’on pouvait discuter à la récré, en particulier au lendemain de l’assassinat de JFK en 1963 (attribué aux « Russes » selon eux !). Finalement, c’était le bon temps, et les jeunes n’avaient pas besoin de cannabis pour être heureux (ni l’occasion de s’en procurer d’ailleurs !).

        • L’Ecole Montalembert de Toulouse 22 janvier 2015 10:25, par Olivier

          Bonjour à Tous, C’est avec émotion qu’en allant sur le site j’ai pu lire ces témoignages qui sont des photos qui me reviennent en mémoire. J’étais pensionnaire de 1958 à 1962. Je me souviens effectivement de « Pétaud » qui rouge de fureur après m’avoir puni parce qu’une nuit nous étions descendus du dortoir pour aller piqué de la nourriture au réfectoire. Il s’est calmé après m’avoir demandé de jouer à la pelote main nu sur le mur à côté de son bureau. Voyant que je me débrouillais bien il me demandait à chaque grande récré de venir jouer avec quelques copains. Pour ma part je préférais les parties de foot et les jeux de billes ou de babyfoot au foyer où un brave père nous faisait des bons sandwichs au pâté ……mais qu’il fallait payer tout de même. Les parties de foot à Rangueil avec « Mickey » le prof d’anglais étaient un grand moment car nous représentions l’école. Le meilleur souvenir est le père Aristoï, le cousin d’André Darrigade (le champion cycliste), qui surveillait les récrés et surtout le grand dortoir ou l anuit on mettait des billes sur le sol afin qu’il puisse shooter dedans et évidemment nous réveiller. Ce sont de bons souvenirs mais j’ai appris beaucoup de choses qui m’ont permis par la suite d’avoir une belle carrière